Magazine du design urbain

Espace Public

Quand le design entre dans les cités

Luminaire collection "Ikone" - Photographie Indal
Luminaire collection "Ikone", éditeur Indal - Photographie Indal

Difficile de parler d’espace public et de mobilier urbain sans évoquer la question du vandalisme. La violence urbaine a toujours existé, sous des formes diverses et pour des raisons multiples et complexes.

En regroupant et concentrant toutes sortes d’individus, elle doit faire coexister une multitude de besoins, d’envies, de fonctions et d’usages souvent très difficiles à concilier.

Comment l’espace public s’est déshumanisé

C’est ce fragile équilibre que les aménageurs urbains tentent pourtant d’obtenir par une organisation sociale et urbanistique cohérente, relayée par une succession de politiques urbaines quelquefois hasardeuses. Au début des années 1970, l’émergence d’un malaise urbain, composé de précarité, de violence et d’exclusion, stigmatise l’architecture fonctionnaliste et déshumanisée des grands ensembles, désignée comme le facteur déterminant des problèmes sociaux et d’insécurité. Par ailleurs, l’opposition centre/périphérie, corollaire de cet urbanisme périurbain « quasi-totalitaire1» selon les mots de Gérard Larcher, sénateur, traduit sur un plan spatial une exclusion socio-économique indéniable.

La division sociale de l’espace urbain est un concept qui prend sa source au début du xxe siècle dans les théories sociologiques sur l’écologie urbaine issues de l’École de Chicago. Pour la première fois, l’hypothèse, depuis clairement admise, d’une interdépendance entre vie sociale et espace de vie était émise, laissant entrevoir la possibilité d’une architecture génératrice d’urbanité, ou au contraire d’incivilité.

L’espace urbain, de par sa configuration et les comportements qu’il conditionne, peut se voir qualifié de criminogène ou de complice, suivant qu’il incite au délit ou en empêche la répression. C’est ainsi que les notions d’« espace défendable2» selon Oscar Newman, et d’« architecture de prévention situationnelle3», selon la géographe Alice Coleman, dont le rôle est d’ « aménager les lieux pour prévenir le crime », voient le jour dans les années 1970-1980. Cette collusion d’intérêts entre politique sécuritaire et urbanisme répressif ne suffit pourtant pas à pallier les insuffisances plus sociales que spatiales qui précarisent une accessibilité à un « droit à la ville4» légitime.

L’espace public, lieu de médiation entre le privé et l’institution

Si l’espace public devient le théâtre de violences, c’est aussi parce qu’il est selon Jürgen Habermas5 ce lieu intermédiaire de médiation entre l’espace privé et l’institution. C’est à ce titre qu’il cristallise animosités et expressions agressives comme le vandalisme dont le mobilier urbain immédiatement accessible fait naturellement les frais.

Mobilier urbain "Ikone" - Photographie Indal

Mobilier de la collection « Ikone », éditeur Indal – Photographie Indal

Il est essentiel de refaire de l’espace public un espace d’accueil et d’appropriation, lieu d’expérience de l’altérité et d’intériorisation des règles communes. Cela passe entre autres choses par les aménagements de confort immédiat pour les personnes. Des équipements sensibles et qualitatifs qui favorisent et stimulent l’expérience urbaine faite de ces « petits riens6 » qui en font tout le charme et l’inventivité.

Une réflexion nouvelle autour du vandalisme

Lorsque la société 3e International doit imaginer du mobilier urbain antivandalisme pour les cités, elle cherche en fait des solutions pour faire face aux dégradations subies par ses équipements installés dans les zones dites sensibles. Au lieu de traiter au premier degré cette demande et sans doute aboutir à un objet « indestructible », d’apparence brutale, l’entreprise souhaite reconsidérer la question de l’antivandalisme et réfléchir, en dehors de toutes idées réductrices, à ce que pourrait ou devrait être une réponse appropriée à ces espaces jugés anomiques et menaçants.

Comme pour tous les projets d’espace public, la réflexion part de l’individu et de sa pratique des objets. Quant à l’orientation de l’étude, elle repose sur une approche qualitative des espaces et mise sur l’effet lénifiant d’une réponse généreuse et congrue.

Un mobilier urbain valorisant pour la cité

Dans les cités, l’éclairage est quasi inexistant ou agressif car principalement réalisé à partir de projecteurs sur immeubles, ce qui participe à renforcer l’image peu qualitative de ces lieux. Quant au mobilier d’éclairage, lorsqu’il existe, il est généralement inadapté, fragile et, une fois dégradé, n’est que rarement remis en état.

Luminaires "Ikone" - Photographie Indal

« Ikone », des luminaires robustes et esthétiques – Photographie Indal

La gamme de luminaires Ikone intègre une forte valeur ajoutée technique et esthétique, afin de valoriser l’environnement de la cité. Les produits donnent une image de qualité et de robustesse discrète qui évite de jouer sur une identité   «  armure » provocante. Le caractère architectural des produits présente une image forte de jour comme de nuit et s’intègre aisément à tout environnement construit. L’ensemble des éléments techniques d’éclairage ainsi que la source sont dissimulés dans le mât et restent donc inaccessibles à toutes agressions. Un anneau sculptural situé au sommet du mât texturé fait office de réflecteur et diffuse vers le sol, une fois la nuit tombée, un éclairage indirect, confortable et performant.

La gamme Ikone se décline en divers produits complémentaires : un lampadaire d’éclairage routier pour des mises en oeuvre de six à neuf mètres de hauteur, un lampadaire destiné à l’éclairage de proximité, une applique murale, un siège, une barrière, une borne et une poubelle.

 


 

1/ Gérard Larcher, sénateur, La gestion des espace périurbains, Rapport d’information 415 –1997/1998 – Commission des affaires économiques et du plan, http://www.senat.fr/rap/r97-415/r97-415_mono.html

 

2/ Oscar Newman, Defensible Space : Crime Prevention Through Urban Design, Mcmillan Pub & Co., New York, 1973.

 

3/ En 1985, Alice Coleman, géographe urbaniste britannique, pose les fondements de l’architecture de « prévention situationnelle », dans son livre Utopia on trial (L’Utopie en procès).

 

4/ Henri Lefebvre, Le Droit à la ville I, Le Seuil, 1968 et Le Droit à la ville II. Espace et politique,
Le Seuil, 1972.

 

5/ Jürgen Habermas, L’espace public. Archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la sphère bourgeoise, Payot, Paris, 1997.

 

6/ Thierry Paquot, « Petits Riens urbains », dossier dans la revue Urbanisme n°370.

 

 

 

Extrait de « Domestiquer l’espace public » –  éditions Archibooks

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