Magazine du design urbain

Espace Public

Forme Publique : un laboratoire du design urbain au service de l’humain

Marie-Célie Guillaume, Directrice de Defacto
Marie-Célie Guillaume, Directrice de Defacto

Marie-Célie Guillaume est Directrice générale de l’établissement public Defacto, chargé de gérer et de mettre en valeur le quartier d’affaires de La Défense.

Avec la deuxième édition de Forme Publique, la biennale de création de mobilier urbain, Defacto a souhaité expérimenter, sur le thème du « plug-in », huit nouvelles installations. Pour l’Observatoire du design urbain, Marie-Célie Guillaume dresse un premier bilan de cet événement.

Marie-Célie Guillaume, la Biennale de création de mobilier urbain de la Défense a inauguré en juin dernier sa deuxième édition. A mi-parcours, quelles sont vos premières conclusions?

 Il est encore trop tôt pour faire un bilan complet car la Biennale dure toute une année, ce qui nous laisse le temps d’observer la manière dont les mobiliers urbains sont utilisés au fil des saisons et par les différents publics.

Après cinq mois d’installation nous constatons une forte appropriation par tous les usagers : salariés, habitants, visiteurs. Nous avons voulu pour cette deuxième édition limiter les thématiques traitées et c’est un pari plutôt réussi.

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L'installation La Prairie par Chérifa Sehimi, Jérôme Girard et Navid Ghasemzadeh

L’installation La Prairie par Chérifa Sehimi, Jérôme Girard et Navid Ghasemzadeh

L’installation « La Prairie » a même été victime de son succès. C’est une installation très poétique, une sorte de champ formé par 1700 bâtons oranges, qui a été énormément photographiée et diffusée sur les réseaux sociaux. Nous l’avons maintenue le plus longtemps possible mais nous avons dû la démonter. Elle faisait en effet l’objet de détournements d’usages, par les enfants notamment, qui détachaient les piquets pour jouer à Star Wars… Ce genre d’incident fait aussi partie de l’expérimentation de la biennale qui permet de constater comment les usagers s’approprient, voire détournent, le mobilier urbain.

Quels publics ciblez-vous avec cet événement ? 

Nous ciblons tous les publics. Les salariés en premier lieu qui travaillent à La Défense, mais également les habitants. Il y a 20 000 personnes qui vivent ici, et les enfants viennent s’amuser sur l’esplanade le week-end. Certaines des installations leur sont directement destinées comme « Slides » : ces toboggans et tapis sont pris d’assaut une fois la semaine terminée.

L'installation Slides d'Alexandre Moronnoz

L’installation Slides d’Alexandre Moronnoz

Il y a aussi les visiteurs occasionnels, les touristes qui sont près de huit millions chaque année, et qui viennent visiter le quartier. Les tours sont très photographiées, et le mobilier urbain les a également intéressés.

Quelles thématiques ont été choisies, et avec quels enjeux ?

Pour cette 2e édition c’est le thème du plug-in qui a été choisi. Le mobilier urbain doit pouvoir se greffer sur l’espace public existant, les façades, les bancs en y apportant de nouvelles fonctionnalités. Par exemple les installations peuvent jouer avec la signalétique pour intégrer des éléments sportifs. Ces huit installations sont à la fois utiles et esthétiques. Nous cherchons à développer de nouveaux usages autour du jeu, du sport et du partage.

Mens sana in corpore sano, par Florian Brillet et Nicolas Lelièvre

Mens sana in corpore sano, par Florian Brillet et Nicolas Lelièvre

Pourriez-vous nous parler de une à trois oeuvres qui vous ont particulièrement marquée ? 

J’ai été très touchée par l’installation « La Prairie » qui forme une touche de couleur orange au milieu de l’esplanade. Cette installation a une dimension fortement poétique, car nous cherchons aussi à développer la poésie dans ce quartier qu’on décrit volontiers comme un peu froid et minéral.

L’installation « En aparté » a aussi bien fonctionné. Installée devant la tour Manhattan cette assise permet de s’isoler quelques temps pour téléphoner, se reposer ou parler dans un espace plus intime. Elle a aussi la fonction de protéger du vent, assez présent dans ce quartier.

En aparté, par Esther Bacot

En aparté, par Esther Bacot

 

Bonjour ! par Valentin Nozay

Bonjour ! par Valentin Nozay

Enfin pour la dimension sportive, « Bonjour » a été très utilisé, le week-end et au moment du déjeuner par les sportifs de tous âges.

A travers les projets développés par Defacto, quelle vision de l’espace public souhaitez-vous défendre ?

Notre souhait est de montrer que La Défense est un vrai « quartier » c’est-à-dire un lieu de vie agréable, à dimension humaine, ludique et pas uniquement destiné au travail. Les 31 hectares de dalle piétonne sont un espace privilégié pour pouvoir se détendre et profiter d’un espace à la fois culturel et artistique, où les enfants peuvent courir à l’écart de la circulation et de la pollution. Le but étant d’insuffler convivialité et vie dans les espaces horizontaux du quartier que sont les espaces publics.

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Plus d’infos sur le site de La Défense : www.ladefense.fr

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